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Accompagner un proche dans ses soins d’hygiène

Hygienic par Hygie.com |
Accompagner un proche dans ses soins d’hygiène

Quelques conseils de sécurité

Être proche-aidant signifie parfois d’accompagner ses proches dans leurs soins d’hygiène, tâche comportant plusieurs risques tant pour soi que pour l’autre. Comment s’assurer de la réaliser en toute sécurité, tout en favorisant l’autonomie de la personne que l’on accompagne?

D’abord, une grande part de la sécurité relève de l’environnement dans lequel les soins sont prodigués. Plusieurs aides techniques peuvent être utilisées afin de rendre ces activités quotidiennes plus aisées.

Puis, des procédés et techniques peuvent être employés pour maximiser la sécurité de la personne-soignante et celle recevant les soins.

Surtout, l’essentiel réside dans la relation de confiance et de respect qui se doit d’être présente entre les deux personnes qui partagent ce type d’intimité.

Une salle de bain adaptée pour éviter les risques de blessures

La consigne générale pour les soins d’hygiène reste d’éviter la position debout dans la baignoire ou la douche qui comporte de nombreux risques, notamment au niveau des chutes.

Voici quelques aides techniques et adaptations qui peuvent prévenir les chutes :  http://asstsas.qc.ca/sites/default/files/publications/documents/b_salle_de_bain_sad_2015.pdf

  • Planches de transfert au bain : entrer dans le bain peut être parfois risqué. L’utilisation d’une planche de transfert, avec ou sans dossier, en facilite l’entrée en position assise.
  • Fauteuils ou bancs de transfert : ces aides peuvent être installées à la fois dans une baignoire ou une douche. Elles permettent à la personne de faire l’entièreté de ses soins en position assise.
  • Pommes de douche amovibles – douches-téléphones avec un cran d’arrêt : ce type de pomme évite que la personne doive se déplacer pour se rincer en plus de contrôler l’arrivée d’eau. Certaines d’entre elles peuvent être installées près des robinets lorsque la personne doit faire ses soins en position assise.
  • Tapis antidérapants: ils sont les alliés idéaux pour éviter de glisser. Les modèles à ventouses sont à prioriser pour l’intérieur de la baignoire, puisqu’ils tiennent plus solidement en place. Les tapis antidérapants réguliers peuvent toutefois être utilisés à l’extérieur de la baignoire ou de la douche.

Des barres d’appui peuvent être installées afin d’aider les personnes dans leurs transferts. Des barres murales, installées à la verticale à l’intérieur de la baignoire, sont idéales pour permettre son enjambement.

Les barres diagonales, installées sur les parois intérieures,  sont tant qu’à elles utiles pour se tenir lors de ses soins ou pour se positionner plus facilement sur les planches et les fauteuils de transfert.

Des poignées amovibles sont aussi disponibles pour le rebord de la baignoire pour aider les personnes à se relever si elles sont en position assise.

Peu importe les barres qui seront privilégiées, leur installation doit être faite de façon sécuritaire afin qu’elles soient bien ancrées et stables.

Pour plus de conseils sur l’adaptation de votre salle de bain, voici une documentation fort intéressante à consulter.

Afin de vous assurer que les travaux réalisés soient sécuritaires et adaptés à votre réalité commune, la consultation d’experts en la matière est de mise.  Que ce soit en prenant conseil auprès de professionnels de la santé, comme les ergothérapeutes, ou auprès de spécialistes de boutiques spécialisées, n’hésitez pas à poser des questions afin de vous procurer les meilleurs produits et vous renseigner sur leur pose et utilisation.

Des gestes et des techniques pour faciliter les soins d’hygiène

Ne pas dépasser ses limites

Les risques de chute et de blessures sont importants lorsque l’on pratique des soins d’hygiène à domicile.  En milieu hospitalier et dans les centres de soins,  l’ensemble des préposées détient une formation spécialisée en la matière. Alors, accompagner un proche dans sa routine d’hygiène à domicile ne rime pas avec entière responsabilité de ses soins. La prudence est toujours de mise et demander des conseils pour apprendre comment faire ou obtenir des services d’aide restent des incontournables. Poursuivre des soins à domicile sans l’aide de professionnels, en sachant vos limites et celles de l’autre, est un piège à éviter à tout prix.

Sachez qu’il est possible d’obtenir des services d’aide à domicile, comme de l’ergothérapie, via le CLSC ou le centre de santé communautaire de votre territoire. Dans tous les cas, les professionnels viendront analyser les besoins d’accompagnement, que votre proche et vous avez, et les services d’aide auxquels vous avez droit pour y répondre. De plus, des entreprises d’économie sociale offrent, entre autres, de l’aide pour les soins d’hygiène à domicile.

Des aides et des produits pour éviter les infections

De façon générale, les soins d’hygiène permettent de prévenir certaines infections et de maintenir le rôle de protection de la peau et des muqueuses, mais surtout, d’assurer le confort et le bien-être de la personne.

Certains auront le réflexe d’espacer les moments passés au bain ou à la douche, en raison de l’ampleur et de la complexité de la tâche. Réaction qui n’est pas insensée, mais qui doit être accompagnée d’autres alternatives, afin d’éviter l’apparition d’infections. L’utilisation de gants humides permet d’effectuer les soins d’hygiène en entier, excepté les cheveux, sans l’utilisation d’eau. Ils peuvent être utilisés plus facilement et rapidement qu’un nettoyage effectué dans la douche ou la baignoire.

Un autre moyen d’éviter la propagation des infections est d’utiliser des produits d’hygiène spécialisés. Par exemple, lorsqu’un proche vit avec de l’incontinence, une chaise d’aisance ou des kits urinaux peuvent être utilisés pour faciliter cette activité de vie quotidienne. Des enveloppes hygiéniques viennent compléter le tout en facilitant la collecte et le transport des matières.

Établir une routine pour faciliter les soins

Les gestes sont toujours plus fluides et assurés lorsqu’ils font partie d’une routine préétablie. Par exemple, préparer et rassembler l’ensemble des objets et produits dont vous aurez besoin vous évitera de vous déplacer lors du soin. Assurez-vous d’avoir le savon, le shampooing, les serviettes, les débarbouillettes, un peigne, un rasoir, etc., à votre portée dès le commencement. Réchauffez bien la pièce avant l’arrivée de votre proche et testez la température de l’eau avec celui-ci, afin qu’elle soit à sa convenance. Prévoyez aussi une robe de chambre ou des vêtements secs et chauds que vous utiliserez dès la sortie du bain.

Créer un lien de confiance propice aux soins d’hygiène

Accompagner un proche dans ses soins d’hygiène, acte souvent empreint de pudeur et de réticence,  demande une base relationnelle solide pour assurer le confort de tous.

Laisser votre proche participer au maximum au rituel de soins, à la hauteur de ses capacités, est une approche encourageant la dignité et l’autonomie. Si vous devez pratiquer une partie ou l’ensemble des soins,  il est préférable d’expliquer à votre proche les différentes manœuvres que vous faites et que vous vous apprêtez à réaliser, pour le mettre en confiance.

Certaines parties du corps, par leur symbolique et leur sensibilité, peuvent engendrer des malaises entre votre parent et vous. Laver les parties les moins sensibles en premier, comme les pieds ou les mains, permet de graduer cette introduction dans l’intimité de l’autre, en douceur.  Vous pouvez aussi laisser la personne statuer des étapes à suivre, selon ses préférences et son aisance.

La communication reste l’élément-clé pour faciliter les soins d’hygiène. N’hésitez pas à poser des questions afin de valider le confort de l’autre et son habileté à effectuer certaines tâches ou certains mouvements.

Préserver son autonomie le plus longtemps possible

Dans le prochain article, nous donnerons quelques conseils afin de rester actifs le plus longtemps possible dans les soins qui nous concernent. Comment participer de façon optimale, malgré l’assistance que l’on peut recevoir?  Comment inciter son proche à perpétuer certaines activités de vie quotidienne, malgré sa perte d’autonomie? Nous tenterons de répondre à ces questions via des mises en contexte concrètes et pratiques.

Liens intéressants :

L’article écrit par Gabrielle Coulombe

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